31 janvier 2018 ~ Commentaires fermés

Les conditions misérables de la vie

Dans des conditions misérables de vie, une vision de la possibilité de meilleures choses rend la misère actuelle plus intolérable, et éperons ceux qui souffrent aux luttes les plus énergiques pour améliorer leur sort, et si ces luttes ne se traduisent immédiatement dans la misère plus nette, le résultat est désespoir pur. Dans notre société actuelle, par exemple, un ouvrier salarié exploité, qui entrevoit ce que le travail et la vie peuvent et devraient être, trouve la routine pénible et la misère de son existence presque insupportable; et même quand il a la résolution et le courage de continuer à travailler de son mieux et d’attendre que de nouvelles idées aient tellement imprégné la société pour ouvrir la voie à des temps meilleurs, le simple fait qu’il ait de telles idées et essaie de les répandre lui apporte en difficultés avec ses employeurs. Combien de milliers de socialistes, et surtout d’anarchistes, ont perdu leur travail et même leur chance de travail, uniquement sur la base de leurs opinions. Ce n’est que l’artisan spécialement doué qui, s’il est un propagandiste zélé, peut espérer conserver un emploi permanent. Et ce qui arrive à un homme avec son cerveau travaille activement avec un bouillonnement d’idées nouvelles, avec une vision devant ses yeux d’un nouvel espoir poindre à peiner et les hommes angoissantes, sachant que sa souffrance et celle de ses semblables dans la misère ne sont pas causé par la cruauté du destin, mais par l’injustice des autres êtres humains, qu’arrive-t-il à un tel homme quand il voit mourir de faim ceux qui lui sont chers, alors qu’il est lui-même affamé? Certaines natures dans une telle situation, et celles qui ne sont en aucun cas les moins sociales ou les moins sensibles, deviendront violentes, et sentiront même que leur violence est sociale et non antisociale, qu’en frappant quand et comme elles peuvent, elles sont frappants, non pour eux-mêmes, mais pour la nature humaine, indignés et dépouillés dans leurs personnes et dans celles de leurs semblables. Et sommes-nous, nous qui ne sommes pas dans cette horrible situation, à rester là et à condamner froidement ces pitoyables victimes des Furies et des Fates? Devons-nous décrier comme mécréants ces êtres humains qui agissent avec un dévouement héroïque, sacrifiant leur vie en signe de protestation, où des natures moins sociales et moins énergiques se coucheraient et se prosterneraient dans une soumission abjecte à l’injustice et au mal? Allons-nous nous joindre à l’indignation brutale et ignorante qui stigmatise ces hommes comme des monstres de la méchanceté, qui courent gratuitement dans une société harmonieuse et innocemment pacifique? Non! Nous détestons assassiner avec une haine qui peut sembler absurdement exagérée aux apologistes des massacres Matabélé, à acquiescers impitoyables dans les tentures et les bombardements, mais nous refusons dans de tels cas d’homicide ou de tentative d’homicide, comme ceux dont nous traitons, coupables de l’injustice cruelle de jeter toute la responsabilité de l’acte sur l’auteur immédiat. La culpabilité de ces homicides repose sur tous les hommes et toutes les femmes qui, intentionnellement ou par indifférence froide, aident à maintenir des conditions sociales qui désespèrent les êtres humains. L’homme qui jette toute sa vie dans la tentative, au prix de sa propre vie, pour protester contre les torts de ses semblables, est un saint par rapport aux souteneurs actifs et passifs de la cruauté et de l’injustice, même si détruire sa protestation autre vit en dehors du sien. Que celui qui est sans péché dans la société jette la première pierre à un tel homme.

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