13 juin 2018 ~ Commentaires fermés

Education : stagner, c’est reculer

En matière d’éducation, que se passerait-il si nous ne faisions rien? Entre 1995 et 2010, les dépenses d’enseignement supérieur ont augmenté de 50% en moyenne dans l’OCDE, avec des taux élevés dans certains pays développés (États-Unis, Scandinavie, Corée…) et dans les pays dits émergents. En France, l’augmentation n’a été que de 16% (et de 5% entre 2000 et 2010). La demande d’enseignement supérieur est, dans de nombreux pays, supérieure à la capacité de formation dont ils disposent, entraînant une forte mobilité internationale dans laquelle la France est bien placée actuellement. Mais dans ce domaine, rien n’est acquis définitivement. Plusieurs pays européens font de l’attractivité internationale un axe majeur de leur stratégie ou politique d’enseignement supérieur, et la position de la France et de l’Europe en termes de référence internationale est en danger. Car dans ce monde qui évolue si vite, où de nombreux pays ont une croissance de leur population diplômée du supérieur très rapide, que ce soit en Europe ou dans les pays que l’on dit à tort « émergents », le fait de stagner revient à reculer, comme l’expérience nous l’apprend quand nous sommes assis dans un train à l’arrêt qui voit passer un TGV. La France occupe encore une place de choix dans le monde, mais une place fragile. Si nous ne faisions rien, il serait très difficile de continuer le mouvement de poursuite d’études et de  réussite au  diplôme. Pendant ce temps, des pays développés comme les États-Unis, la Corée du  Sud et plusieurs de nos voisins européens continueraient leur course en tête de l’enseignement supérieur. La stagnation budgétaire aurait pour conséquence soit de freiner l’accès à l’enseignement supérieur, soit d’entraîner la baisse de la dépense d’éducation par étudiant, alors même que celle-ci n’a rejoint que récemment la moyenne de l’OCDE, et se situe encore loin des pays leaders.Si nous ne faisions rien, nous aurions de grandes difficultés pour soutenir la montée en gamme de notre économie. Celle-ci repose sur des diplômés très qualifiés, qu’on trouverait difficilement si l’on n’augmente pas l’accès aux niveaux Licence et Master. La prospective sur les métiers et les qualifications conduite par France Stratégie identifie un risque pour les entreprises de difficultés à trouver des diplômés, un phénomène déjà existant pour certaines filières comme le numérique. C’est une perte de compétitivité qui s’annoncerait si nous ne réussissions pas à augmenter le niveau d’éducation. Si nous ne faisions rien pour accompagner l’augmentation du nombre d’étudiants, en particulier liée à la croissance démographique, nous reculerions encore en termes de dépense par étudiant, laquelle est déjà inférieure à celle des pays leaders dans ce domaine. Du point de vue de la société, les conséquences seraient également importantes. Les risques de crise profonde au sein de la jeunesse, dont les perspectives d’avenir seraient bouchées par la stagnation éducative et la perte de terrain économique, sont une préoccupation déjà présente. Quant à nos cerveaux les plus féconds, un tel écart avec le dynamisme des autres pays rendrait leur fuite inévitable.

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